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  Alors que les français subissent les conséquences de la crise depuis déjà de très longs mois par une baisse conséquente de leur pouvoir d' achat ,  il est des nouvelles qui font plaisir .

  Au  1er  Avril  2009 ,  le prix du gaz va baisser  " d' environ  10 % " .   Mais faut-il pour autant applaudir les pouvoirs publics français  ?     Non ,  pour au moins deux raisons .


     La première raison  est dans la date choisie pour l' application de cette baisse des tarifs .
    Au  1er  Avril ,  les importantes consommations de gaz pour cet hiver rigoureux seront passées  (  ce sont évidemment celles qui pèsent lourdement sur le budget des ménages  ) .

    Les associations de consommateurs avaient d' ailleurs fait remarquer ces dernières semaines que  GDF Suez  avait réduit ses tarifs de  20  %  pour les gros industriels dès janvier .     Elles jugent que la mesure en faveur des particuliers arrive trop tard ,  puisqu' au  1er  Avril ,  l' hiver est fini .     Or l' essentiel de la facture porte sur le chauffage  (  7  millions de clients ) .     Pour cet hiver ,  nous paierons donc nos factures de gaz au prix fort  et  l' UFC  Que  Choisir  dénonce le  " cynisme "  du gouvernement .


     La deuxième raison  est d' ordre macro-économique .
     Le tarif de la molécule de gaz ,  qui ne représente que  52  %  du prix de vente au consommateur  (  le reste couvrant le transport ,  la distribution  et  la commercialisation  ) ,  est calculé selon une formule complexe indexée sur les prix du brut et des produits raffinés .   Depuis la  mi - juillet ,  le baril de brut est tombé de  147  à  45  dollars sans que les tarifs réglementés du gaz ne baissent .   Ces dernières années ,  les hausses se sont multipliées avec la flambée des cours de l' or noir  :  en 2008 ,  elle a été de  15,2  % .


   En 2008 ,  le résultat net de  GDF Suez  (  6,5  milliards  d' euros  )  -  de loin le premier fournisseur de gaz en  France  -  est en partie dû aux tarifs élevés de l' énergie ,  même si le groupe estime que la non - répercussion de la hausse des prix du pétrole sur une partie de  2008  a entraîné un manque à gagner de  679  millions .


     Et l' exemple des prix du gaz est bien sûr aussi déclinable au prix d' autres énergies comme ceux des carburants automobiles .     Et qui osera encore dire  (  a part un  Premier  Ministre  en manque de reconnaissance libérale  !  )  que les profits importants des grandes entreprises du secteur pétrolier ne proviennent pas du maintien artificiellement haut des prix à la pompe que subissent les français de  métropole  et  des  territoires d' Outre - Mer .


      En attendant ,  les français de  métropole  paient sans rien dire  !     Pendant combien de temps encore  ?



          Patrice  Provido  .


Tag(s) : #Débat d' idées

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