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     Publié le samedi 13 juin 2009 à 10H05



     Dans  quelques  jours ,   les  brebis  vont  rejoindre  les  alpages

  Un troupeau sur l'alpage du Queyras sous la conduite de son berger, une image qui séduit les touristes de passage mais aussi le loup  …


     Photo   M.  F.




     Dans quelques jours, les troupeaux d'ovins vont entamer leur transhumance et retrouver leur grand prédateur, le loup. Depuis plusieurs années, les deux clans cohabitent tant bien que mal. Les éleveurs ne peuvent faire autrement que de partager les territoires qui les accueillent pour l'estive. D'une part, la loi protège le loup et, d'autre part, les mesures gouvernementales et européennes aident les éleveurs à se prémunir contre les attaques ou prévoient des indemnités quand les dommages sont attribués à canis lupus.




Les forces en présence



La tribu des brebis présente un chiffre impressionnant avec 100 000 têtes haut-alpines qui effectuent une courte transhumance à l'intérieur de leur département et 50 000 autres venant de l'extérieur, principalement de la Crau. En revanche, pas de chiffres précis pour les loups qui ne se présentent à aucun recensement, néanmoins, les estimations de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage font état de 15 à 20 animaux répartis en plusieurs meutes sédentarisées ou des individus sans territoire fixe. Dans le Queyras - haut- Guil et frontière italienne, Béal Traversier -, la vallée de la Clarée, le massif du Parpaillon, le Dévoluy. Le comité de suivi hivernal a officialisé deux nouveaux secteurs : le Bochaîne et le massif de Céüse-Aujour. Selon la préfecture, "l'augmentation des victimes entre 2007 et 2008 s'explique notamment par la nouvelle meuteinstallée dans le Bochaîne et l'incursion de la meute de l'Ubaye dans le secteur de Ceillac (Queyras)".

Par contre, la meute du Béal Traversier s'est déstructurée suite à la disparition de la louve dominante qui a été tuée lors d'une collision avec une voiture. La présence du loup depuis 1994 a suscité un branle-bas d'envergure du côté de l'administration française et européenne.



Les aides aux éleveurs



Elles sont destinées "à couvrir une partie des surcoûts liés aux adaptations des activités que leséleveurs sont amenés à réaliser en zone de prédation". L'aide est calculée sur la base de 80% de la dépense réelle occasionnée par l'embauche de bergers ou d'aides bergers, l'acquisition et l'entretien de chiens de protection et de clôtures électrifiées.

La DDAF a délimité deux zones : celle où la prédation est effective, soit 45 communes, celle où des actions de prévention sont nécessaires du fait de l'arrivée probable à court terme de prédateurs, soit 77 communes; 10 autres sont soumises aux deux régimes. Au total 132 communes sur les 177 du département. C'est dire si le loup contraint la vie du cheptel d'ovins dans le département! Depuis peu, la progression du loup, tant numériquement que géographiquement, a suscité une possible mais très contrôlée destruction. Ce sont les tirs de défense autorisés par les préfets. Pour la saison 2009-2010, 8 loups peuvent être tués dans les 10 départements concernés (04, 05, 06, 15, 26, 38, 66, 73, 74, 83). Mais le loup ne quittera plus les Hautes-Alpes désormais.

 

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Les chiffres


104 attaques où la responsabilité du loup n'est pas écartée en 2008 dans les Hautes-Alpes. 448 victimes (quasiment que des ovins). 109200 € d'indemnités versées. L'augmentation est très nette par rapport à l'année 2007 où les chiffres étaient de 55 attaques, 179 victimes et 45 000 € d'indemnités. Concernant les aides aux éleveurs: 123 contrats ont été souscrits en 2008 pour 714 300 € (556 900 € en 2007).

 

En France, l'aire de présence du loup a augmenté d'environ 25% et les effectifs minimum observés de 20% depuis l'hiver 2007/2008. A l'issue de l'hiver 2008/2009, 26 zones de présence sédentarisée du loup sont détectées par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) contre 25 l'année précédente, constituant une population d'au moins 180 individus répartis en 19 meutes. 75 000 € environ, c'est le coût estimé d'un loup en raison des mesures diverses nécessitées par sa présence et sa sauvegarde.

 

 

Par  Maurice  Fortoul   (  gap@laprovence-presse.fr  )           



Tag(s) : #Economie régionale

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